Sport de glisse.

Nicaragua, janvier 2008

Une des activités typiques d'Amérique Centrale consiste à monter des volcans. Certains actifs, d'autres non. Certains très haut, d'autres moins. Comme la montée est inévitablement l'attrait principal sur lequel les agences misent pour attirer les touristes, cette activité ne nous a jamais vraiment interpellée. C'est un fait, on n'aime pas monter! Il y a quelques jours par contre, en se promenant dans les rues de León, une affiche a su attirer notre attention par son slogan innovateur: "Volcano boarding down the active Cerro Negro". Est-ce qu'on a bien lu down?! Quelques secondes plus tard, notre nom s'ajoutait à la longue liste des valeureux touristes prêts à affronter ce petit volcan noir tout rabougris... et toujours actif! Mais ce qui a tout de suite charmé Eve et terrorisé Léa dans ce tour inusité, c'est le médium utilisé pour accélerer cette simple descente.

Est-ce un bobsleigh? une glissoire? un pneumatique? une crazy-carpet? ... presque!!!!

C'est une LUGE!!!!

Après avoir enduré la chaude mais tout de même belle montée de ce tas de gravelle volcanique, on arrive finalement aux abords d'un cratère jaunâtre, gris et fumant! Du haut du Cerro Negro on admire les autres volcans qui ponctuent le paysage des environs et rendent la vue vraiment impressionnante. On en oublie un instant la lourdeur de nos luges de plywood, la sueur qui nous coule dans le dos (de chaleur pour Eve et de peur pour Léa) et l'absurdité de ce qu'on s'apprête à faire.

C'est sur une pente inclinée à 47,3º, protégées par de simples lunettes de laboratoire et vêtues de grands suits one-piece XXXL orange et bleu, qu'on se lance enfin sur le flanc du volcan pour une descente ahurissante mais un peu trop courte à notre goût. Une fois en bas, couvertes de poussière noire de la tête aux pieds, avec le soleil couchant devant nous et le cratère du volcan fumant en haut de nos têtes, on se rend compte que c'est déjà fini et que ce fut une expérience surréelle!

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Titre : 14h pm
Titre : Descente
Titre : Luges
Titre : Couché de soleil
Titre : Montée du volcan
Titre : Eve et sa luge!
Titre : Cratère
Titre : Léa
Titre : Cerro Negro
Titre : Départ
Titre : Léa et sa luge!
 

Drop ya booka to da bench!

Nicaragua, décembre 2007-janvier 2008

Loin loin de l'île d'Ometepe et de ses deux volcans, loin de la laideur de la capitale et de la langue hispanique... loin de tout le reste se trouve un petit Nicaragua parallèle. Un Nicaragua complètement différent de celui coincé entre le Honduras et le Costa Rica. En pleine mer des Caraïbes, deux petites îles au sable blanc et à l'eau turquoise vibrent au son du créole et du reggea. Little et Big Corn Island exhalent la Jamaïque!

Sur Little Corn, dont on fait le tour à pied en moins d'une heure, les seuls bruits de moteur venant nous rappeler notre condition de citoyens modernes sont ceux des rares bâteaux et celui de la génératrice qui commence son ronron à la tombée de la nuit. Et pour ajouter au charme de l'île, les seuls moyens de transport sont le vélo et la vieille brouette rouillée! D'ailleurs, sur Little Corn toutes les surfaces métalliques semblent avoir abdiqué face à la persévérance et à la ténacité de la brise marine. Une incroyable palette de couleurs rouille orne le paysage insulaire, s'harmonisant avec le doré du sable et le pelage brun-sale des chiens errants.

Pendant que les enfants jouent une enième partie de billes ou de baseball (le sport national), la grosse mama s'affaire à cuisiner de délicieux fruits de mer et des bons p'tits plats où la saveur de coco est exploitée sous toutes ses formes.

"Ain't no stress man! Drop ya booka to da bench and relax! Take it easy man!" Carlito, l'homme le moins stressé au monde à qui on loue une petite cabañita à 10$ en face de la mer, vient tous les après-midi nous faire un brin de jasette. Il nous quitte invariablement en nous gratifiant d'un grand sourire puis nous rappelle de prendre ça cool dans son plus bel accent créole!

C'est les deux pieds dans le sable et sur le rythme très innovateur du Petit Tambour parapapampam remixé dans un mélange de country-reggae-disco qu'on passe le 24 décembre en famille. Une famille élargie d'ailleurs puisqu'après avoir passé quelques jours sur l'île on a vite l'impression de connaître tout le monde. On n'est définitivement pas les seuls touristes qui viennent y paresser le plus longtemps possible!

Et puis quelques jours plus tard, on déménage sur Big Corn Island, la grande voisine de Pti blédinde, pour y passer le jour de l'an. Le décor change, mais pas trop quand même! Aux fruits de mer, à la rouille et au baseball, s'ajoutent le bruit des voitures et le retour de l'électricité pour alimenter les speakers qui nous crachent du reggea à plein volume à longueur de journée. Grosse Conne (comme on l'appelle) nous laisse finalement rassasiées de notre soif de plage et de mer et on peut maintenant repartir vers l'intérieur du pays!

Avant d'embarquer dans le mini avion qui doit nous ramener à Managua, les bagages ainsi que tous les passagers sont pesés pour s'assurer que le Cessna aura la force de transporter tout le monde à destination! À la grosseur de l'avion et à la force des vents présents le jour de notre départ, on peut dire qu'on est très reconnaissantes de s'être rendues saines et sauves à la capitale!


Bonne année à tous!

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Titre : Ginger Bread
Titre : Hublot
Titre : Big Corn Island
Titre : Brouettes
 

Anatomie d'une chute

Argentine, juin 2007.

Les chutes dans l'âme

Entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, se trouvent les spéctaculaires chutes d'Iguazú. Comment ne pas rester sans voix devant une telle démonstration de la nature? La puissance des chutes d'Iguazú, leur taille (longues de 2,5 km!) et le bruit qu'elles émettent sont suffisant pour décourager quiconque de les affronter... Devant ce monument vivant, il n'y a pas d'autres choix que de se soumettre et se laisser engloutir tout rond... jusqu'à sentir les chutes, le froid et l'humidité dans ses os... jusqu'à ce que les chutes s'emparent de vos sens...

L'ouïe

On s'attend d'abord à être stupéfié au premier coup d'oeil... mais avant tout c'est le grondement des chutes qui surprend! Comment une telle force peut-elle être concentrée en un seul lieu? Comme un coup de tonnerre intarissable, ce roulement de 1000 tamboures fige sur place!

La vue

Lors de nos 2 jours de visite, on a eu la chance d'admirer 2 facettes des chutes. Du gris monochrome du ciel, de l'eau et des torents... on est passés à un ciel d'un bleu à en rendre un schtroumpf jaloux. Les rayons de soleil transpersant les nuages de brume qui s'élèvent du pied des chutes offrent un spéctacle innoubliable! A un certain point, avec les différents sentiers et points de vue qui longent les chutes, on en vient à être entourrés par les cascades, à les sentir omniprésentes... à en faire presque partie intégrante.

L'odorat

Notre dernier soir à Puerto Iguazú, on a assisté à un événement qui a lieu seulement une fois par mois: aller voir les chutes à la lueur de la pleine lune! Sur la passerelle qui mène à la plus imposante cascade (la Garganta del Diablo!), tout le monde marche en silence, estomaqué par le paysage surréaliste. Et que dire de l'odeur... Loin des foules de touristes aggréssantes, de l'odeur de cigarette, de sueur... de l'odeur humaine bref... la nuit sent à plein nez la forêt tropicale, la terre humide, l'eau et la brise nocturne. En fermant les yeux on arrive à voir la chute et à se replacer dans le décor seulement en prenant une grande inspiration!

Le goût

Trempés par la pluie, la brume et l'humidité... le visage ruisselant de l'eau des chutes, la bouche pleine de chute... on en vient à ne plus vouloir perdre ce goût de grandeur, de liberté et d'ivresse qui reste en bouche après chaque rapprochement au pied des cascades...

Le toucher

En s'avancant sur la passerelle qui longe le point de contact où des tonnes d'eau se fracassent à chaque seconde, on se retrouve vite submergé et enlacé par Iguazú! Avec l'odeur des chutes, leur cri assourdissant, le goût de l'eau qui reste en bouche... ainsi placés sous cette douche naturelle, on peu sentir les chutes infiltrer son âme!

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Titre : Chutes d'Iguazu

Les Better Sisters à la recherche de la Ciudad Perdida.

Colo mbie, décembre 2007.

Ayant survécu au danger incontestable qu'un séjour à la plage peut représenter, nos deux héroïnes se sentent maintenant d'attaque pour une nouvelle aventure, cette fois dans la jungle colombienne. Cette épopée de six jours promet d'être épuisante, mais aussi extrêmement enrichissante et sans aucun doute inoubliable.

Le petit village où cette histoire commence se situe au bout d'une route boueuse de terre rouge et porte le surnom de Machette en l'honneur (déshonneur) des nombreux affrontements d'hommes armés de machettes qui jadis, baignèrent les rues de sang.

C'est par un dimanche matin ensoleillé que les Better Sisters quittent leurs parents et le confort de leur hostal pour se rendre en jeep au pueblito de Machette d'où l'expédition est sur le point de commencer. 

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Jour 1

Dans la chaleur ardente d'un début d'après-midi sans nuage, assises près d'un couple de chiens en plein ébat, Eve, Léa et quatre jeunes hommes profitent de leurs dernières secondes de repos. Au loin, un homme d'âge mûr, bottes de caoutchouc jusqu'aux genoux, machette à la ceinture, moustache fraîchement taillée et chapeau de cowboy sur les yeux, s'avance dans la poussière rougeâtre avec une mule à ses cotés. À ce moment, les six gringos réalisent que les vacances sont terminées et que l'aventure commence. Ainsi, c'est en suivant l'homme nommé Alfredo à travers les dernières brides de civilisation, que nos deux héroïnes s'enfoncent dans la Sierra Nevada de Santa Marta vers la jungle, le rio Buritaca, les moustiques, serpents et ultimement... à la découverte de la Cité Perdue!

Jour 2

Aux premières lueurs d'un lundi qui s'annonce haut en couleurs, le chant du coq et d'Alfredo qui fredonne des passages de la Bible s'élève doucement dans le ciel. C'est à l'écoute de cet étrange duo que les deux sœurs se réveillent tranquillement, s'étirant paresseusement dans leur hamac pour dégourdir leurs mollets endoloris par les trois heures de marche de la veille sur un sentier accidenté beaucoup trop abrupt à leur goût.

La journée passe sans anicroche et les heures de marche semblent plus faciles que celles de la veille... mais beaucoup plus longues! Chaque pas enfonce les deux exploratrices un peu plus profondément dans l'humidité et la jungle.

Jour 3

Après une longue journée de marche, des mitraillettes, treillis de camouflage, uniformes kaki et beaucoup de testostérone attendent le groupe au deuxième camp de base. En pleine forêt tropicale, au bord du rio Buritaca, un bataillon de jeunes militaires a fait une halte de quelques jours entre une étape de ravitaillement et leur remontée aux ruines. L'armée patrouille ainsi la région pour tenir la guérilla à l'écart depuis qu'en 2003, un groupe de touristes a été kidnappé sur le site de la Cité Perdue, puis relaché au bout de 101 jours. Après une bonne heure à regarder et être regardées, les deux filles sans peur et sans reproche s'avancent finalement vers un jeunot pour entamer la conversation.

Dans les minutes qui suivent, une poignée d'autres soldats, le second officier et le sergent se joignent à la discussion. Et ainsi, la soirée se termine sur des incompréhensions, des questionnements, des explications, beaucoup de réponses et un grand sentiment patriotique. Les aventuriers peuvent maintenant aller se coucher et dormir sur leurs deux oreilles. L'Ejercito colombien est là pour veiller sur eux, sur les autres touristes, sur la région, sur la population, sur le pays, sur la paix générale dans le monde...!

Jour 4

Suite à deux longues journées de marche dans la jungle devenant de plus en plus profonde, après avoir traversé une dizaine de rivières et avoir sué leur vie, les deux filles arrivent enfin au pied des 1263 marches qui mènent à la Ciudad Perdida. Cette capitale précolombienne surplombant la Sierra Nevada entre la mer et les sommets enneigés est maintenant enfouie sous la végétation depuis que le peuple Tayrona a été décimé par les Conquistadors espagnols assoifés d'or et de richesses. Comme les premiers guaqueros (pilleurs de tombes) qui découvrirent les ruines en 1975, les touristes doivent d'abord escalader les 1263 pierres recouvertes de boue et de mousse. À bout de force, ils atteignent enfin la première terasse, une des quelques ruines de cette vaste cité qui ont été récemment défrichées et "nettoyées" par les archéologues. Seul sur le site, le petit groupe se sent comme les premiers découvreurs, temoins privilégiés d'un secret longuement gardé par les lianes, la mousse, les tigres, les toucans et les esprits des anciens qui veillent sur cette cité perdue au coeur de l'histoire. Loin de la civilisation et de tout moyen de transport (le chemin est tellement accidenté que même les mules ne peuvent pas se rendre au delà du deuxième campement), les nouveaux arrivants restent sans mot devant l'étendue de ce trésor caché et bouche bée devant sa somptuosité. Après les derniers jours de dur labeur, la découverte de cette cité authentique est un privilège bien mérité.

Après une bonne nuit de sommeil, la visite officielle du site commence. Agrémentée d'un paysage magnifique, la journée s'écoule au fil des histoires qu'Alfredo ne se lasse pas de relater: la découverte de la Cité par des guaqueros, la guerre qui s'en suivit pour s'approprier les trésors du site, la corruption de la police responsable de surveiller les lieux, les autres cités supposément existantes dans les alentours mais jamais découvertes, les touristes qui se présentent pour faire le trek avec une valise à roulettes et des tallons hauts, etc. Alfredo raconte aussi un nombre sans fin d'anecdotes de touristes perdus ou mordus par des serpents et qui doivent être rapatriés en hélicoptère... Et la journée suit ainsi son cours jusqu'à ce que les nuages s'étendent sur les terasses de la Cité et que les étoiles s'élèvent haut dans le ciel.

Jour 5

Le cinquième jour, tout comme les jours précédents, les soeurs et leurs compagnons de voyage croisent à quelques reprises des hommes et enfants Koguis, le peuple indigène de la région, descendant des Tayronas. Ayant préservé jusqu'à ce jour leur culture originale, tous marchent pieds nus (sauf quelques hommes en bottes de caoutchouc) et sont vétû d'une grande toge blanche. Autour des huttes, les femmes semblent constament occupées à confectionner un nouveau sac de fibres et leurs bébés dorment paisiblement accrochés dans leurs dos. Seulement 6000 Koguis occupent encore aujourd'hui la région.

Jour 6

Finalement, comme toute bonne chose a une fin, le dernier jour arrive. C'est les mollets en feu et les ampoules aux talons que nos survivants reviennent en un morceau à Machette. Grâce aux conditions météorologiques parfaites et à leurs extrêmes précautions, Eve et Léa ont réussis à accomplir un véritable exploit en gardant leurs souliers secs au cours des 6 derniers jours! En s'engageant dans la première rue de Machette, c'est sur cette gratifiante pensée que Léa reçoit la première goutte d'eau. À peine le temps de lever les yeux au ciel que celui-ci leur tombe sur la tête. C'est le déluge. Il pleut. Beaucoup. Trop. Toute l'humidité de la dernière semaine semble s'être accumulée, puis condensée en grosses gouttes d'eau chaudes pour leur offrir un accueil magistral! Les souliers d'Eve et Léa sont mouillés. Noyés!

Le petit groupe épuisé se retrouve vite à l'abris sous l'auvent du dépanneur central, assis près du couple de chiens toujours en plein ébat. Mais pour eux, l'aventure n'est pas terminée. La jeep qui devait les ramener à leur point de départ n'est toujours pas là et ne viendra sûrement pas. De toute façon, le chemin de terre rouge qui mène à Machette s'est transformé en rivière de boue dans les derniers instants. La seule manière d'atteindre la route centrale est en moto taxi. Eve enfourche donc à contrecœur une des deux seules motos disponibles et se colle au dos de Mario. Léa la suit et empoigne solidement la taille de José. La pluie est si dense qu'il est dur de voir à plus d'un mètre en avant. La route est molle et en autodestruction. Il n'y a pas de casque. À quoi bon mettre un casque. Si elles dérapent, elles tombent en bas d'un précipice ou se fracassent sur un rocher.

Et c'est reparti!



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Titre : sac a bébés
Titre : Arrivée a la Cité Perdue
Titre : Khogui
Titre : Village Khogui
Titre : El Ejercito
Titre : Notre cabane
Titre : Enfants Khoguis
Titre : Indigenes
Titre : terasse
Titre : Sierra Nevada de Santa Marta
Titre : La Cité
Titre : encore des marches!

Jack-in-the-box

Colombie, septembre 2007.

Ding gueding guedinguediiiii... ding guedingueding... ding guedling guedling guedi... POOUUFFF!!!

Après de longs mois d'attente, la Colombie nous a surprises comme un jack-in-the-box. Au début de voyage, il y a 9 mois de ça, on n'aurait jamais pensé que la Colombie ferait partie de notre parcours. Mais nos plans ont vite changés à force d'entendre des voyageurs parler de ce pays comme d'un incontournable. La crainte a alors fait place à la hâte! C'est en crinquant la manivelle de plus en plus vite qu'on s'est rapprochées de la Colombie avec un désir croissant de découvrir ce qui se cache derrière ce pays tant craint. Ne sachant pas à quoi s'attendre, notre arrivée en terres colombiennes a été une surprise plus qu'agréable! Ça ne fait même pas un mois qu'on est ici et déjà, la Colombie se positionne parmis nos coups de coeur d'Amérique du Sud! Et on n'a même pas encore vu le nord du pays... la côte des Caraïbes!!!


À peine une journée passée à Bogotá et déjà on tombait sous le charme de la capitale. Cette ville moderne, propre et dynamique semble envahie par des hommes en complet et des étudiants. Les rues sont animées et les petits restos, cafés et vendeurs d'obleas (genre de sandwich composé de 2 osties de la taille dl'une assiette fourrées de caramel, confiture, crème fraîche et fromage râpé... un délice!) donnent de la couleur aux petites plazas. Comme Montréal ou Buenos Aires, il semble toujours y avoir un festival ou une manifestation culturelle pour animer la ville. Lors de notre séjour, on a profité d'un festival de documentaires et on a aussi été charmées par des conteurs de rue qui s'installent sur les places publiques pour faire rêver les passants et gagner quelques sous. Étonnamment, on a tellement aimé la ville et son caractère qu'on s'est surprises à penser que ce serait définitivement un endroit où on s'installerait pour étudier.

Les Colombiens sont des gens hyper chaleureux et accueillants. Ils ne manquent pas une occasion de nous demander comment on trouve leur pays, ce qui nous a incité à venir, si on s'y plaît, etc. Fier de la richesse des paysages et des charmes que chaque région a à offrir, le peuple colombien semble prêt à accueillir les étrangers à bras ouverts, les assurant de la nouvelle tranquillité du pays. C'est vrai que la Colombie est beaucoup plus sécuritaire qu'avant... mais reste que certaines régions abritent toujours la guérilla ou les paramilitaires et il est très fortement conseillé de les éviter.


Arrangé par le gars des vues

Depuis maintenant une semaine, on est incapables de quitter Villa de Leyva, un petit village colonial à 4 heures de route au nord de Bogotá. On s'y sent transportées dans le temps et partout où on pose les yeux, on s'attend à voir surgir Zorro, son épée et son cheval tant ce village parfait ressemble à un décor de cinéma. C'est l'endroit idéal pour se reposer, se ressourcer dans la nature, lire, peindre et se promener à cheval ou à pied dans les alentours.

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Titre : Un tinto svp
Titre : Ville de Jardin
Titre : Villa de Leyva
Titre : maison coloniale
Titre : Sous la pluie
     

À couper le souffle!

Bolivie, juillet 2007.

Déjà passé le cap des 2 semaines en terre bolivienne... et déjà un autre coup de coeur! Quel beau pays authentique et très peu touristique! On y découvre un peuple indigène parlant espagnol, quechua (la langue des Incas) et aymara, très sympathique, relax et très peu aggressant envers les femmes touristes. La Bolivie est décidément marquée par son passé politique mouvementé. Mais les Boliviens n'ont rien perdu pour autant de leur culture traditionnelle, toujours véhiculée par plusieurs communautés indiennes. Les coutumes ont encore une grande place au quotidien. Les femmes portent le costume traditionnel, dont le chapeau change d'aspect d'une communauté à l'autre. Parfois chapeau melon feutré et parfois, réplique des couvres-chef des conquistadors espagnols. Les hommes, eux, se distinguent surtout d'une communauté à l'autre par les tissages et couleurs de leurs ponchos.

Outre ce petit peuple tout en couleurs, la Bolivie a comme particularité d'être tout en hauteur. Dans les grandes villes comme Potosí, où l'altitude atteint 4090 m, notre rythme a considérablement ralenti. Depuis qu'on est arrivées, comme on a pris le temps de monter graduellement, on a eu la chance de ne pas souffrir du mal d'altitude (ici appelé le soroche). Mais ça ne veut pas dire qu'on peut se permettre de gambader pour autant. Juste hier, quand on a eu à monter 3 étages pour se rendre dans un resto, on est arrivées complètement à bout de souffle au point de ne plus pouvoir prononcer un mot.


En arrivant en Bolivie, dans la petite ville de Tupiza près de la frontière avec l'Argentine, on est parties découvrir l'extrême sud-ouest du pays. Une région magnifique, quasi
inhabitée, renfermant de vrais trésors de la nature!

On a d'abord entrepris notre exploration à la dure! Comme des cowgirls galopant au travers de canyons rougeâtres, traversant des rivières, des petits villages et des champs... on se serait réellement crues dans un film de Butch Cassidy et du Kid (qui sont justement morts dans cette région). Après la nuit passée dans un minuscule village, c'est en remontant en selle pour entamer le 7 heures de retour à Tupiza que tous nos muscles se sont mis à hurler à l'agonie! Mais cette dernière journée fut quand même la plus belle! Evidement, les paysages étaient sublimes, mais aussi on connaissait encore mieux nos chevaux! Quoique celui d'Eve persistait à vouloir mordre les autres...

C'est les fesses encore en compote et les aines douleureuses qu'on s'est lancées dans notre deuxième trip: 4 jours en 4X4 a destination du Salar d'Uyuni! Urbano le conducteur et sa femme Téofila, la cuisinière, nous ont conduis 3 jours durant au son d'un vieux tape de musique bolivienne au travers de la poussière et de paysages changeant et majestueux: un village minier fantôme où, fut un temps, les Espagnols exploitèrent les habitants jusqu'à épuisement des gisements, un champ de geysers, des dunes de sable, des troupeaux de lamas, des montagnes à 5000 m d'altitude, des volcans encore actifs, une source d'eau thermal et des lagunes colorées hallucinantes (verte, turquoise, rouge et blanche!).

Chaque nuit, on a dormi dans un village différent, dans des habitations très rustiques (sans chauffage bien sûr!). La deuxième nuit, sur le bord de la Laguna Colorada, à 4270 m d'altitude, on a eu droit à la nuit du solstice, la plus longue et la plus froide de l'hiver bolivien! Au matin, l'eau avait gelée dans nos bouteilles! Le quatrième jour était le clou du voyage... On est entrées dans le Salar d'Uyuni en pleine noirceur pour aller assister au lever du soleil sur cette immense étendue plate et blanche!

En fait, il y a 40 000 ans, le sud-ouest de la Bolivie était recouvert d'un immense lac salé. Au fil des ans, suite à l'évaporation, l'eau a laissé place à un desert de sel d'une superficie de 12 106 km2 : le Salar d'Uyuni. C'est dans ce paysage surréaliste et PLAT qu'on a roulé quelques heures... à 100 km/h, mais en ayant toujours l'impression de faire du surplace!

Si vous vous demandez si tout ce sel sert à quelque chose... Eh bien oui, on en extrait environ 20 000 tonnes par année (il en reste encore au moins 10 millions de tonnes), servant à la consommation et au tourisme (hôtels bâtis en sel, bebelles et bibelots). La dernière nuit, on a d'ailleurs eu la surprise de dormir dans une chambre où le sol et le sommier étaient fait de sel!

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Titre : Salar d'Uyuni
Titre : à cheval!
Titre : Tout un chapeau!
Titre : Lamas des Andes
Titre : Altitude 4855!
   

Portrait du Pérou

Texte à définir...

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Titre : Arche
Titre : Huanchaco
Titre : Iles flotantes
Titre : Machu Picchu
Titre : Ballon
Titre : Enfant des iles flotantes
Titre : Collectivo à La Paz
Titre : Cerfs-volants
Titre : Amantani
 

Suivez le pas à Buenos Aires.

Buenos Aires, février 2007.

Seulement une semaine passée dans la capitale, et c'est déjà un coup de foudre. Les antiquités de San Telmo, le cimetière de la Recoleta, les artisants de la Boca, le tango. Bien sûr, le Tango! ... les talons aiguilles, les robes échancrées, les chapeaux sombres, les orchestres dans les rues, les cafés au carrelage noir et blanc, les milongas où les locaux se rejoignent pour danser le tango au son d'un orchestre de vieux monsieurs blasés de jouer les mêmes mélodies depuis 30 ans...

Buenos Aires c'est aussi ses parcs, ses salles de spectacles, d'opéra, de théâtre, son vieux métro, plus de 500 ans d'histoire mouvementée, une faillite nationale, une fierté, une architecture impressionnante, un drôle d'accent, du bon vin, des parrillas toujours pleines à craquer, de la viande...

Bien sûr, la viande!... aucune comparaison avec le poulet à la plancha ou la viande d'alpaca. Le boeuf argentin est une bénédiction pour le voyageur carnivor! Lentement cuit sur feu de bois, les immenses pièces de viandes se transforment en délices pour le palais.

Toujours à Buenos Aires, après avoir changé de plan des dizaines de fois, on réussit à fixer pour de bon notre prochaine destination. Du coup, on réalise que c'est ça la vraie liberté! Ne pas savoir dans quel pays on va se retrouver deux jours plus tard et avoir le luxe de décider par nous-même de chaque journée à venir sans avoir à se plier à aucune obligation.

C'est par un matin d'orage qu'on a pris le bateau en direction de l'Uruguay! De Montevideo, on a longé la côte pour se rendre à Punta del Diablo. Malgré son nom, ce petit village de pêcheurs à 40 minutes de la frontière brésilienne n'a vraiment rien de diabaolique. Punta del Diablo tend vraiment vers la perfection en matière de petit paradis terrestre, mis à part les quelques détails suivants:
- Les chiens puent (sûrement à force de manger des vieilles carcasses de poissons et de lions de mer échoués).
- Les milliers de petits scarabés noirs qui traînent sur la plage et un peu partout dans le village.
- Le soleil qui se lève un peu trop tôt... à 5h45.

Mais par-dessus tout, ce qui fait de cet endroit un paradis, c'est:
- Les chiens qui n'appartiennent à personne mais qui sont à tout le monde, affectueux, dociles et en santé. Chaque jour, un chien nous adopte pour quelque temps, nous suit partout et vient faire un somme sur notre galerie.
- Les scarabés qui, miraculeusement, ne se rendent jamais jusqu'à l'intérieur de notre cabane.
- Notre routine de se lever tous les matins à 5h45 pour admirer le lever du soleil sur la mer en sirotant un café assises sur notre galerie.

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Titre : La Boca
Titre : Buenos Aires
Titre : Bouquet de chiens!
   

Amazonie Partie 2

Dès le lendemain de notre tour dans la Pampa, on repart avec les Allemands et notre nouveau guide Mario pour notre excursion dans la jungle. Sourire édenté, t-shirt retroussé sur son ventre bedonnant et machette à la main, Mario se distingue tout de suite des autres guides à l'allure plus esthétique: chapeau d'explorateur sur la tête, coutelas à la ceinture et collier de dents de jaguar. C'est bon signe ça ou pas?

Chaques marches dans la jungle sont toutes plus riches les unes que les autres en apprentissage! Maintenant, garochez-nous n'importe quand dans la forêt tropicale avec la diarrhée, une hémoragie, de la fièvre, des rhumatismes et des morsures de serpents et on n'a plus aucun problème à survivre! Mario est le meilleur professeur au monde et nous transmet une petite partie de son grand savoir sur les plantes et les arbres aux vertues médicinales. En plus de nous montrer un arbre à caoutchouc, à cacao, des lianes qui "étranglent" les autres arbres pour voler leur espace vital, des arbres qui "marchent" en déplaçant leurs racines tranquillement pas vite (maximum de 5 mètres en une vie d'arbre), on a passé les 3 jours à s'enduire avec l'écorce d'une certaine sorte d'arbre qui sent l'ail parce que ça éloigne les moustiques (... et les chauves-souris!). Et ça marche vraiment! Aussi, on a appris que les Indigènes utilisent un certain arbre comme moyen de contraception. Quand la femme a assez d'enfants à son goût, aweye don, 3 tasses d'infusion de cette écorce spéciale pendant sa semaine de menstruation et voilà, elle est rendue stérile! Plus tard, après s'être balancées sur une liane, bu de l'eau de bambou et mangé des coeurs de palmier, le soleil s'est enfin couché et on est revenues au campement au clair de la lune et de nos flash-lights. Wow, quelle expérience!

Le lendemain, après quelques heures de marche au coeur de la jungle, Mario s'arrête soudain, un pied encore en l'air, lève le nez vers le vent et se met à renifler. "On est tout près d'un groupe de cochons sauvages! Suivez-moi de très près en silence." Franchement, on se laissera certainement pas impressionner par son attitude d'Indiana Jones. C'est en retenant notre rire qu'on le suit alors dans une direction qui nous semble totalement aléatoire. Finalement, une cinquantaine de mètres plus loin, Mario se jette à terre et nous chuchotte d'en faire autant. Bon bon, qu'est-ce qui faut pas faire pour impressionner les touristes... Mais finalement, oh my god! Mario nous pointe un groupe de sangliers à seulement quelques mètres de nous! Notre guide regagne alors tout notre respect et notre admiration! Mais comment il a fait pour les sentir et tomber pile dessus? Et ce n'est pas fini! Mario commence à ramper vers les sangliers et nous, on n'a pas le choix de suivre parce qu'à ce qu'il paraît, les sangliers n'attaquent pas les groupes! Plus on se rapproche en tapon rampant, plus les gros porcs laites commencent à sentir notre présence. Alors pour les calmer, notre guide (qu'on commence à envisager de rebaptiser Tarzan ou Moogli) commence à imiter leurs bruits! ... Leur respiration saccadée, leurs grognements et même le bruit de leur épeurante mâchoire qui claque! Wow! On n'y croit pas. On est médusées et divisées entre l'envie de rire ou de se prosterner... Mario parle aux sangliers!

Quand les animaux quittent finalement, on se relève pour commencer à rebrousser chemin à coups de machette. Puis Mario arrête sec. Le pied dans les airs, il lève le bras pour nous signifier de figer à notre tour. "Un groupe d'au moins 200 sangliers est tout près devant nous!" Mario part alors à courir à demi penché par en avant pour éviter les branches en essayant de ne pas faire de bruit. Et c'est reparti!

En après-midi, c'est plus tranquille. On apprend à se tailler des bagues dans des minis noix de coco.

Après 4 jours à relaxer à Rurre, on est de retour à la capitale! Et comme un voyageur sur deux qui arrive à Rurrenabaque par bus, on s'est payé le luxe du retour à La Paz en avion. Y'était pas question qu'on rembarque dans ce bus maudit! Mais comme il a plu pendant 3 jours et que la piste d'atterrissage de Rurre est en gazon, les vols n'ont pas pu décoller. Alors on a du attendre une journée et demi de plus, le temps que tout le monde rattrape son vol et que les madames du bureau de la companie aérienne se déstressent de tous ces retards.

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Titre : pirogue
Titre : ami
Titre : déluge
     

Amazonie Partie 1

Bolivie, juillet 2007.

De Coroico, petite bourgade à 4 heures de route au nord de La Paz, on est fin prêtes à embarquer dans un long bus de nuit qui va nous mener au chaud, dans la jungle, à Rurrenabaque. Mais d'abord, on doit attendre ce fameux bus au bord de la route, au milieu de nulle part. On s'installe donc "confortablement" par terre dans la poussière à coté d'un barrage policier et... on attend... Au moins, on n'est pas toutes seules et on sympathise vite avec Craig, Jason et Lotta, 3 Américains qui ont comme nous espoir de se rendre à Rurre par la très pénible voie terrestre. À 4hrs pm, on est à peine surprises que le bus de 3hrs ne soit pas encore arrivé. Surtout qu'à chaque fois qu'un bus passe, Léa s'élance pour demander au chauffeur s'il sait quand notre bus doit arriver. La réponse est toujours la même et le chauffeur, l'air convainquant, pointe la route d'où il arrive en nous assurant que "oui oui, il s'en vient, juste là-bas". Ainsi, notre moral entretenu par ces optimistes déclarations, on voit à peine passer les 3 premières heures d'attente (dans la poussière). Mais bon, la dernière heure dans le noir devient longue et après 4 bonnes heures, le bus se montre enfin le bout du capot!

Les 16 heures suivantes sont assez pénibles malgré notre expérience des bus de nuit. Assises sur la banquette de 5 sièges complètement à l'arrière du bus, notre dossier ne peut absolument pas s'incliner, on roule tout le long sur de la garnotte, il pleut, il n'y a pas d'arrêt pipi (pas de toilette dans le bus non plus, on s'entend) et la madame à coté de Léa est tout à son aise à dormir (et baver) sur son épaule. Mais le matin, en arrivant à destination, on descend du bus en remerciant le ciel d'être encore en vie, enfin dans un endroit où il fait très chaud et où la végétation est luxuriante! Et pour le retour, on a tous la même idée en tête...

C'est à partir de la jolie et paisible ville de Rurrenabaque située à la porte de l'Amazonie, qu'on s'est bouqué nos 2 tours: un 3 jours dans la forêt tropicale et un autre dans la Pampa. La Pampa c'est une immense étendue marécageuse complètement submergée d'eau lors de la saison des pluies. Mais en ce moment, ce n'est qu'une swamp traversée d'un fleuve dont les rives pullulent d'une faune diverse. Le tour consiste alors à plusieurs balades en pirogue à moteur pour découvrir tous ces animaux. À la différence de ce dernier, le trip dans la jungle est davantage axé sur la flore.

Avec les 3 Américains et une famille d'Allemands, on est prêts à partir pour notre première aventure. Mais tout d'abord, il faut se rendre à cette fameuse Pampa par un 4 heures de jeep sur une route boueuse impraticable... que les 4X4 persistent à pratiquer malgré tout. Comme TOUT trajet impliquant un bus ou une voiture en Bolivie, notre journée est gratifiée d'un bris mécanique. Une demi heure plus tard, une vieille gougoune faisant office de pièce manquante dans un rouage quelconque de la suspension (ou autre chose... qu'est-ce qu'on en sait vraiment?), on est de retour sur la route!

Mais après la jeep, on n'est toujours pas arrivées. Il manque un autre bon 3 heures de bateau jusqu'au campement. Mais on n'a certainement pas le temps de s'ennuyer. Tout au long du trajet, on voit des milliers d'animaux à en être étourdies! Hérons, tortues, capybaras, singes, oiseaux de toutes sortes, dauphins, caïmans, alligators... Wow! Les 5 premières minutes, on pointe frénétiquement chaque alligators qu'on croise... mais rendu au 436ième, on commence à se blaser de ces immenses mâchoires sur pattes qui nagent à nos cotés. Ce qui est excitant dans la Pampa, c'est de voir à quel point notre quotidien change du tout au tout... Mais après une journée, réintègre déjà l'aspect banal du quotidien. "Watch your step Jason, there's an aligator." "- What's that strange noise? - Oh, only monkeys. - Oh ok, only monkeys."

La deuxième journée en fin d'après-midi, on part tous se baigner avec les dauphins roses dans le rio. Quand notre guide Roberto coupe le moteur et nous annonce qu'on peut sauter à l'eau, on est tous très sceptique... il y a PLEIN d'alligators et de caïmans dans cette rivière là... on est pas très à l'aise. Mais comme Roberto nous assure que ceux qui se trouvent dans le coin sont végétariens et que de toute façon il a le remote control, on se laisse convaincre et on plonge dans l'eau brune. Pendant qu'on fait du surplace dans l'eau opaque, on garde en tête l'image un peu inquiètante de nos jambes se mouvant comme un appât attirant sa proie. Soulagées, on voit un premier dauphin emerger des profondeurs et nager tout près de nous. Mais ce qu'il faut dire, c'est que ces dauphins roses d'eau douce sont très différents des beaux Flipper de la mer. Les notres sont laites! Le nez éffouaré dans leur face, ils n'ont pas ce petit air moqueur qu'on aime tant. Et l'aileron sur leur dos ressemble plutôt à une grosse protubérance. C'est quand même très l'fun de nager si près de ces créatures et de se laisser charmer par cet univers qui sort de notre quotidien. En sortant de l'eau, on est contentes de s'apercevoir seulement maintenant qu'un gros alligator nous a observé tout ce temps juste à coté, dans l'eau au bord de la berge en face de nous. À peine plus loin sur le fleuve, on s'arrête pour pêcher des piranhas. Finalement on attrape que des poissons-chat (une espèce très laide à notre avis... mais pas trop mauvaise au goût), une sardine et quelques poissons toxiques.

Le dernier jour dans la Pampa on part en expédition dans les marécages à la recherche d'anacondas. Ce qui devait être une agréable excursion de matinée, s'est vite transformé en aventure éprouvante. Déjà, pour commencer, avec les pluies diluviennes de la veille, c'est pas juste des bottes de pluie qu'il nous aurait fallu, mais un suit de pêcheur! Mais bon, au début on a du fun, on marche avec de l'eau boueuse et stagnante jusqu'aux genoux, on est toutes crottées, on traverse un étang avec de l'eau jusqu'à la taille et on cherche fébrilement des anacondas dans tous les recoins. Puis après 2 heures, on entâme une marche un peu plus ardue dans un marécage profond à l'odeur nauséabonde. Soudain Roberto nous fait signe d'arrêter et nous dit: "Un momento, m'en va vous trouver un serpent, attendez-moi ici." "Ici?? Dans le marécage qui pue, avec l'eau qui nous va en haut des genoux et des trucs qui nous piquent dans nos bottes?" "Ok vous pouvez aussi aller juste là sous l'arbre."

Bon alors on se rend tous à l'endroit qu'il nous pointe, sous un vieil arbre brûlé à coté du marécage et on attend... 5 minutes... Ok... 10 minutes... Bon y devrait pas tarder... 15 minutes... Ça sera pas long... 30 minutes... Ya bien dit "un momento"?... 1 heure... Ben là... 1 heure 30... Franchement... On est tout seuls dans un marécage (puant) où il y a des serpents, alligators et bien d'autres choses qu'on préfère ignorer... On ne sait pas dutout où on se trouve, si ce n'est qu'on est à au moins 2 heures de marche du bateau! Me semble que c'est pas safe cette histoire là... On se pose des questions, on n'est pas très à l'aise, on attend... 2 heures... Bon là ça va faire! Anabelle, la fille des Allemands, part à la recherche du guide. Elle revient finalement pour nous amener jusqu'à un groupe de touristes, leurs guides et... notre guide qu'elle a trouvé plus loin dans le marécage. Ils sont tous en train de tripoter un bébé anaconda que notre guide a finalement trouvé. Déjà qu'on n'en revient pas de s'être fait dumper pendant 2 heures, mais en plus de voir tous ces gens qui n'ont aucun respect pour l'animal, on trouve ça vraiment dégueulasse et on est tous à bout. "Aweye Roberto, lâche ton serpent pis ramène-nous à maison." On remarche 2 bonnes heures dans les marécages, retraverse l'étang, reprend le bateau et arrive enfin au campement.

Le soir, de retour à Rurre, on est enfin remises de nos émotions de la journée. Ces 3 jours intenses dans la Pampa seront clairement inoubliables!

à suivre...



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Titre : liane
Titre : bagues en coco
 

Argentine, mars 2007.

Il y a 3 semaines, nous quittâmes la grande ville vers une vaste terre de moutons, de gauchos (cowboys) et de solitude: la Patagonie. Eh oui, cette fameuse Patagonie désertique qui compte moins d’un habitant au km2 et où le vent gouverne en roi. Nous descendîmes ainsi vers le bas du continent pour mieux le remonter (comme on dit!). Nous commençâmes notre “remontée” par la petite ville d’El Calafate, populaire pour son célèbre glacier Perito Moreno situé dans le Parque Nacional Los Glaciares. Ce monstre d'eau bleutée figé dans l'air nous laissa bouche bée.

Avec 2 Suédoises, nous louâmes une voiture pour partir découvrir ce colosse ausoleil levant, à 5h30 du matin (et ainsi éviter le coût d'entrée officiel de10$us!). Armées d'un gros déjeuner, d'un thermos de chocolat chaud et de toute notre innocence, nous accomplîmes avec succès notre entrée clandestine du lieu convoité. Le Perito Moreno gronde, il chuchote, il parle, il crache des morceaux dans l'eau turquoise et opaque d sédiments millénaires dans un bruit fracassant. Comment ne pas être sans voix devant un glacier bleu large de 50km, haut de 60 mètres (et qui s'étend sur 350km du nord au sud), qui respire et mue devant vos yeux?! Wow.


De El Chalten, petit village datant de 1985 dont le cimetière est encore vierge, nous partîmes à la découverte de la partie nord du parc national où trônent les majestueux massifs du Fitz Roy et du Cerro Torre. Nous marchâmes des heures à travers des montagnes aux pics enneigés, des lacs et des rivières à l’eau pure et fraîche, et des forêts silencieuses. Des paysages époustouflants! Toujours à l'affût de l'arrivée improviste d'un puma, nous gardâmes en tête les instructions des gardes forestiers, un peu alarmantes mais claires: "Si un puma s'approche, vous devez
- agiter les bras dans les airs pour paraître imposant;
- crier agressivement;
- garocher des pierres à l'animal."

(C'est bon à savoir, nous on se serait enfuies en courant!)

Le soir, bien au chaud dans une coquette auberge, nous bûmes des submarinos(lait chaud où trempe une barre de chocolat) autour d'une table où les cultures se partagent et s'apprivoisent. Sud Africain, Belge, Japonais, Australiens Ecossais, Néozéelandais... Tous si différents, mais partageant la même passion du voyage, que ce soit pour 3 semaines, 3 mois ou 3 ans, en Argentine seulement, à travers l'Amérique du Sud, ou La Totale; en tour du monde. Bref, de beaux moments et de belles rencontres.

À la plage sans casque, es-tu tombé sur la tête?

Palomino, Colombie.

Après deux mois de pluie intense, c'est avec un infini soulagement que notre arrivée sur la côte fait place à un changement de décor bien mérité. Pourtant, le soleil des caraïbes, les palmiers ébouriffés par le vent et le bruit des vagues en musique de fond, sont loin de nous laisser présager le danger imminent qui nous attend et qui viendra bientôt confirmer que oui, finalement, la Colombie est un pays dangeureux...

De laborieuses recherches et expéditions dans les alentours pour trouver l'endroit parfait où s'installer en famille, finissent par porter fruit. Le petit coin de paradis qu'on a découvert surpasse haut la main toutes nos attentes. Sur une plage quasi-déserte, loin de la civilisation, on s'est loué une petite cabane sur pilotis en face de la mer. Sans éléctricité ni notion du temps, on passe nos journées tranquilles à faire ce qu'il y a à faire dans de telles circonstances, c'est-à-dire pas grand chose!

Mais une innocente plage peut vite se transformer en sentier de la mort. On ne sait jamais si la malchance va nous tomber dessus. On ne peut pas prédire le moment où une noix de coco (pesante comme une brique) va décider de se décrocher de sa hauteur vertigineuse. Et on ne peut pas non plus prédire si cet incident anodin va concorder avec le moment précis où on va passer juste en dessous. 'C'est vraiment terrifiant!' comme le dit si bien notre mère.

À toutes les 15 minutes, une de ces bombes dures comme de la roche tombe dans le sable dans un bruit mat. Et le hic là-dedans, c'est qu'on est ENTOURÉES de palmiers! De notre cabane à la mer, une armée de cocotiers nous guette avec leurs projectiles à portée de main, rendant le terrain nettement plus redoutable qu'un champ de mines.

À la guerre comme à la guerre, tous les moyens sont bons pour sauver sa peau et atteindre la plage en un morceau: courir en zigzag, marcher avec un bras sur la tête, éviter toute proximité avec les troncs... Mais dans tous les cas, l'idée de se faire écrapoutir vivantes par une stupide noix de coco nous laisse humiliées, avec la rage au coeur et la peur au ventre.

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Titre : Champ de mines!
Titre : Palomino
Titre : 5h30 am
   

Une aventure dont vous êtes le héros.

Bonjour,

tu viens tout juste d'arriver à Iquitos, une ville située au nord-est du Pérou en plein coeur de l'Amazonie. Tu dois y rester jusqu'à l'accomplissement de ta quête: trouver un cargo qui t'emmènera jusqu'à Pantoja (ville à la frontière de l'Equateur). Avant de quitter Iquitos pour cette traversée de l'Amazonie, repose-toi et occupe tes journées! Mais tout d'abord, il faut te trouver un toit. Tu peux aller visiter plusieurs hostals en allant au no 10 ou si tu préfères un appartement, va au no 6.


1- Le Jesawelle est un petit cargo miteux, décrépi, avec un équipage qui semble pervers. Déçu, tu choisis d'attendre l'arrivée d'un autre cargo plus inspirant. Tu as chaud. Retourne à l'appart au no 19.


2- Les madames assises par terre sur la Plaza de Armas te charment avec leurs grands sourires et leurs beaux bijoux. Tu apprends qu'elles viennent des communautés indigènes des environs d'Iquitos et qu'elles viennent ici vendre leur artisanat. Tu ne peux pas t'empêcher d'acheter un peu trop de colliers, mais tu te dis que c'est pour une bonne cause! Maintenant, pour faire changement, tu as chaud. Va prendre une douche au no 15.


3- Bon choix! Tu t'endors. Le lendemain tu doit aller faire tes courses au marché Belén au no 11.


4- Le port Masusa pue et est rempli de vieux bateaux rouillés et d'ouvriers, mais tu aimes l'ambiance qui y règne. Beaucoup trop de gens veulent t'aider et te donner des informations: "Il y a 2 cargos qui arrivent demain et devraient quitter à la fin de la semaine.", "Le prochain cargo arrive seulement lundi.", "Il n'y a qu'un cargo par mois, désolé.", "Vous avez raté le bateau. Il est parti hier et vous devez revenir demain pour savoir quand arrive le prochain.". Bon, tu as compris que la seule information fiable est celle qui sortira de la bouche du capitaine. Tu devras revenir un autre jour. Là, tu as chaud et dois te rafraîchir. Va manger une crème glaçée au no 7 ou prendre une douche au no 13.


5- En t'engageant dans cette petite rue sombre, l'ambiance change immédiatement. De part et d'autre, des vieilles femmes sont assises devant leur étalage de bouteilles de "potions" de toutes sortes de couleurs... et de textures. Ici, il y a de tout pour guérir n'importe quoi. Potions à base d'alcool de canne, herbes diverses marinées, plantes et écorces séchées, poudres multicolores, peaux, carapaces, griffes et dents d'animaux... crèmes, onguents pour les rhumatismes, pour les peines d'amour... Avec la médecine de l'Amazonie, personne n'est laissé de côté! Les vieilles femmes te proposent des bijoux provenant de différentes communautés des environs fabriqués avec des crânes de singes, vertèbres de cobras, dents de jaguar, écailles de poisson et graines et semences de toutes sortes. Aussi, ces vendeuses connaissent le penchant aventureux de bien des voyageurs et, entre une racine de ginseng et une tisane pour combattre le diabète, elles te proposent de l'ayahuasca. Cette liane est ici bien connue pour ses fortes vertus hallucinogènes et plusieurs agences de voyage proposent de l'expérimenter lors de séances dirigées en compagnie d'un chaman. Trop obnubilé par tout cet inconnu, tu allais presque oublier de faire tes achats. Alors continue ton chemin vers le no 17. Si tu y es déjà allé, rends-toi au restaurant pour goûter un plat typique au no 16.


6- Tu trouves un appart parfait avec un lit king, une belle cuisine et une vue sur le fleuve Amazone! Maintenant que tu es installé, ta quête commence. Va au port voir si un cargo part dans les prochains jours. Si tu choisis d'y aller en taxi, va au no 22, si tu préfères un moto-taxi va au no 9.


7- Mauvaise idée... tu n'as pas pris 2 bouchées que ta crème glaçée est toute fondue. Alors va te rafraîchir à l'appart en allumant la fan au no 3 ou l'air conditionnée au no 21.


8- Il y a beaucoup trop d'objets kitsh. Tu es déçu. Tu veux acheter un bracelet en poils de jaguar et un porte-monnaie en peau de serpent. Mauvais choix! L'exportation est illégale et le braconage menace les espèces! Tu es une mauvaise personne! Retourne encourager les madames des communautés indigènes qui vendent leurs produits sur la Plaza au no 2.


9- Bon choix puisque les autos se font rares dans cette ville inaccessible par la terre. Vingt minutes et 0,70$ plus tard, les cheveux en bataille et la face pleine de crasse, tu arrives au port Masusa au no 4.


10- Après avoir vu l'Hospedaje El Sitio, l'Hostal Maflo, l'Hostal La Pascana, El Colibri... tu as chaud et tu te rends compte qu'aucun de ces lieux n'est agréable et adéquat pour y passer plusieurs jours. Alors abandonne tes recherches et va voir l'appartement au no 6.


11- Le moto-taxi te dépose à l'entrée du marché dans le quartier Belén. Un grand périmètre est en permanence occupé par des rangées de stands qui monopolisent les trottoirs et serpentent dans les rues. Une ambiance chaotique, une chaleur étouffante et toutes sortes d'odeurs y règnent. Va te promener dans les rues pour faire tes achats au no 17 ou fais une escapade dans la section des produits de la jungle au no 5.


12- L'assiette arrive devant toi. Un cochon d'Inde y gît tout écarquillé. Il te fixe avec ses petits yeux calcinés et te tend une patte poilue pleine de petites griffes. Ce fut un mauvais choix. Les croquettes d'alligator (chicharron de lagarto) auraient été meilleures... Maintenant, retourne faire un tour au port au no 14.


13- Mauvaise idée... l'eau froide est tiède. Allume la fan au no 3 ou l'air conditionnée au no 21.


14- Arrivé au port, à ta grande surprise 2 cargos qui font le voyage vers Pantoja sont arrivés la veille. Va les visiter! Il y a le no 23, le Siempre Adelante, ou le Jesawelle au no1.


15- La douche est bonne et te rafraîchit un bon 4 minutes. Le lendemain tu as une grosse activité au programme: visiter une ferme de papillons à quelques kilomètres de la ville. Pour t'y rendre tu dois prendre un bateau. Tu as le choix entre une embarcation privée au no 18 ou un bateau collectivo au no 25.


16- Assis au restaurant, tu hésites entre du lagarto (no 24) ou du cuy (no 12).


17- Tu es pressé de tout bord tout côté par une masse humaine et il y a tant d'action et de choses à voir que tu ne sais plus où poser les yeux, ne voulant rien manquer du spectacle. Du calme. Regarde d'abord à ta droite. Sur de précaires installations en bois, s'entassent des poissons de toutes sortes, des pièces de viandes saignantes et des tortues sans leur carapace. Tu te dis que c'est la première fois que tu vois une tortue toute nue et tu te demandes qu'est-ce que ça peut bien goûter. Maintenant regarde à ta gauche. Des fruits et légumes débordent de leur présentoir, des épices et sauces que tu ne connais pas sont accrochées sur des perches et se balancent doucement devant tes yeux. Tu es intrigué et hypnotisé par toutes ces images. Oh attention! Tu oublies de regarder où tu marches et tu viens de poser ton pied dans un tas de vicères et de pelures d'orange. Pense à te laver les pieds plus tard à l'appart... Achète quelques provisions pour remplir ton frigidaire et rends-toi maintenant au restaurant pour goûter un plat typique au no 16. Mais d'abord, si tu n'as pas encore vu la section des produits de la jungle, fais un tour au no 5.


18- Franchement, tu ne payeras pas 15 soles quand tu peux payer 1 sole! Va prendre le collectivo au no 25.


19- Tu te reposes un peu et écoute quelques Friends et trop de reality shows. Maintenant tu es prêt pour faire un peu de magasinage. Tu hésites entre aller voir ce qu'offre les madames sur la Plaza au no 2 ou aller au marché d'artisanat San Juan en moto-taxi au no 8.


20- Les jours passent. Retourne au port pour une énième fois au no 26.


21- Ben voyons donc! L'air conditionnée n'est même pas une option envisageable. Si tu l'ouvres, tu ne voudras plus jamais sortir de l'appart. Habitue-toi tout de suite, parce qu'avec l'Amérique Centrale qui s'en vient, tu n'es pas sorti du bois! Alors allume la fan au no 3.


22- Après 10 minutes d'attente au gros soleil, tu réalises que dans cette ville qui n'est pas rejoignable par la terre, les autos sont rares. Arrête de perdre ton temps et saute dans un moto-taxi vers le port au no 4.


23- Le Siempre Adelante est un petit cargo miteux, décrépi, avec un équipage qui semble pervers. Déçu, tu choisis d'attendre l'arrivée d'un autre cargo plus inspirant. Tu as chaud. Retourne à l'appart au no 19.


24- Tu as fait un bon choix! Les croquettes d'alligator (chicharron de lagarto) sont succulentes! Si tu avais choisi le cuy, tu aurais eu dans ton assiette un cochon d'Inde gisant tout écarquillé, te fixant avec ses petits yeux calcinés et te tendant une patte poilue pleine de petites griffes. Maintenant, va faire ton marché au no 10. Si tu y es déjà allé, retourne faire un tour au port au no 14.


25- Le petit bateau collectivo se remplit rapidement de locaux, de régimes de bananes et de melon d'eau. Arrivé au village de Padre Cocha, tu suis un petit sentier dans la forêt qui te mène au refuge Pilpintuwasi. Là-bas, tu découvres des dizaines de papillons multicolores et de tous formats! Des gros papillons bleus, des petits jaunes, des petits au camouflage léopard, d'autres qui semblent se métamorphoser en hiboux devant l'ennemi, puis une autre sorte de papillon de nuit qui prend 6 mois à se développer dans son cocon et qui ne vit que 2 jours une fois éclos. Après tous ces beaux insectes, c'est au tour des vraies grosses bibittes! Va voir Pedro Bello, un jeune jaguar au pelage magnifique se faire nourrir. D'autres pensionnaires orphelins ont aussi été rescapés et vivent librement dans le petit refuge: quelques singes de différentes espèces, un tamanoir (ours fourmilier) et un tapir au poil dru comme un balais. La visite t'a beaucoup plu et tu retournes à Iquitos en bateau collectivo. Va au no 20.

26- Ça fais déjà une semaine et demi que tu es à Iquitos et tu es heureux de constater que depuis ta dernière visite au port 2 nouveaux bateaux sont arrivés. Tu quitteras donc avec le prochain qui part, mercredi si tout va bien!


Bravo, tu as rempli ta mission et trouvé un cargo qui t'emmènera à ta prochaine destination. Bon travail! < /strong>

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Titre : peaux de serpents
Titre : ferme de papillons
Titre : peroquets
Titre : Ayahuasca
Titre : sauces
Titre : marche de poissons
Titre : singe
     

Les 34 mamans d'Eduardo

Pérou, septembre 2007.

Après avoir quitté Cusco et le Machu Picchu (très beau, mais énormement touristique),  c'est reparti pour l'aventure dans une région où le tourisme se fait rare! Ainsi, après avoir remonté tout le pays en bus en longeant la côte, on traverse finalement les Andes, puis une région au climat tropical (et aux superbes paysages!) pour arriver à la ville de Yurimaguas, point où il est impossible de continuer par la terre. De là, pour se rendre à notre prochaine destination, dans la jungle à Iquitos, on a 2 options: prendre l'avion ou descendre un fleuve pendant 4 jours/3 nuits sur un cargo. Le choix n'est pas difficile et après s'être acheté chacune un hamac à 7$ au marché, on embarque sur le Eduardo IV, un grand colosse bleu qui navigue sur le rio Marañon. Le voyage nous coûte 40$ chaque pour les 4 jours, repas et superbes paysages inclus!

Notre premier soucis à bord est de se trouver un spot où accrocher notre hamac. Une fois le lieu idéal trouvé (au deuxième étage, le plus loin possible des néons où les insectes affluent), l'observation commence. Cette activité nous occupera d'ailleurs la majeure partie du temps les prochains jours sur notre bel Eduardo.

Les 8 premières heures passées sur le bateau sont consacrées au chargement de 400 tonnes de marchandises (eh oui!) au port de Yurimaguas. Des hommes en gougounes et Converse, le torse nu et le corps musclé, transportent sur leur dos des sacs de farine, de ciment et de maïs. Ils sont environ une vingtaine et pendant toutes ces heures, ils ne semblent jamais s'arrêter, courant du camion au bateau, le dos chargé jusqu'à 3 sacs à la fois. Et un sac pèse 50 kilos, c'est fou! C'est dur de les regarder travailler dans ces conditions sans pouvoir les aider (même à 2 on ne serait pas capable de lever un seul sac) et de penser que chez nous il y a des machines qui font ce travail en quelques minutes... Une fois les 400 tonnes chargées et les passagers embarqués, c'est au tour d'une dizaine de boeufs un peu perturbés de prendre place à bord dans un enclos improvisé. Et c'est parti!

Même si on navigue dans le sens du courant, le cargo doit avancer très lentement. Durant la saison sèche, une pirogue à moteur doit préceder notre passage pour vérifier à l'aide d'une perche que la profondeur du rio est suffisante. S'il y a moins de 1,5 m on ne passera pas. Et c'est en plein ce qui nous arrive à peine une heure après le départ! BANG, le bateau frappe le sol (ça donne un bon swing à nos hamacs, on aime ça!) et il reste stucké sur place! Rien à faire... même avec le moteur à pleine puissance et la pirogue qui essaie médiocrement de pousser l'avant du cargo, rien ne bouge. On passe alors au plan B: Eduardo I, le frère jumeau d'Eduardo IV, nous fonce dessus à toute allure et nous rentre dedans, littéralement! Ça marche! Sous le choc, l'embarcation se déplace et on peut repartir! Plus tard, une fois la nuit tombée, les frères Eduardo se retrouvent pour un transfert de marchandises. À voir les hommes s'afférer à la tâche sur la partie inférieure du bateau, on peut difficilement s'imaginer que sur le deuxième pont un autre monde suit son cours...

La frénésie du Club des Mères de l'Université de Chiclayo se fait sentir. Tricot, potinage, sirotage d'uvachado (boisson obtenue par macération de raisins dans de l'alcool de canne) et bien entendu, parties de bingo sont au programme. En plus de ce groupe de 34 femmes, il n'y a que nous deux et un couple de Canadiens ennuyeux qui occupent l'étage supérieur du bateau. Comme on peut s'y attendre en présence de 34 mères dans la soixantaine, on est over-maternées de tout bord tout côté! Après avoir raconté notre voyage et répondu aux mêmes questions 34 fois, on est maintenant considérées comme les grandes amies de toutes les madames... et chacune d'elles veut une photo avec nous, nous flatte la joue au passage, s'informe si tout va bien, nous offre une shot d'uvachado, des bonbons et nous invite à jouer au bingo. Et nous, dans tout cet énervement de madames ménopausées, on sourit et on s'endort au son des chants et des prières de groupe. "Viva la Virgen Maria! Viva!"

La situation nous paraît tellement absurde... 34 femmes adorables avec une énergie de Jeannettes en colonie de vacances, en sandales à talon avec des bas, qui arrivent avec leur valise à roulettes et leur hamac cheap en filet et qui se mettent en petite robe de nuit blanche avant de se coucher dans leur hamac (nous on dort toutes habillées), bien cordées côte à côte sur un gros cargo de fer rempli d'hommes et de marchandises... On pourrait facilement croire que ces mamás ont échouées ici par erreur et n'ont pas encore tout à fait compris ce qui leur arrive.

Quand la nuit tombe, la panique s'empare du deuxième deck! Maria voit un rat passer à coté d'elle... elle hurle! Nancy repère le rat... elle crie! Helena l'aperçoit à son tour... Le pauvre rat, terrorisé, traverse alors le pont de long en large en courant le sprint de sa vie... voyant déjà la lumière au bout du tunnel. Simona, Nelli, Violetta, Carmen et toutes les autres, virent complètement hystériques! Nos tympans saignent. Une fois la folie passée, les valises à roulettes montées sur les bancs et les femmes en sécurité dans leur hamacs, la pénible saga des jokes de rat commence. "Aaahh! Una rata!" crie Nelli... puis éclate de rire devant les visages terrorisés et les cris qui recommencent. Cinq minutes plus tard... "Aaahh, la rata!". Le lendemain soir, à notre grand damne, le gag n'est pas encore épuisé.

Les femmes à peine remises de l'épisode rongeuresque et tout juste endormies, Eduardo reste pris au fond une fois de plus! Trois heures plus tard, son frère vient encore nous secourir... mais cette fois avec un peu trop d'ardeur. BANG! Tout le monde se réveille... et c'est reparti! Cris. On va couler! Hurlements. On va toutes mourir! Hystérie. On a frappé un iceberg? Cris de plus bel. Prions le Seigneur! Ça se calme un peu. Aaahh, la rata!

Les journées passent et se ressemblent. Entre les 4-5 parties de bingo quotidiennes (on n'aurait jamais pensé, mais on commence sérieusement à se taner!), Henri le cuisinier, une grande folle de 18 ans qui aime se faire appeller Priscilia (son nom de star), nous sert nos 3 repas: riz blanc et viande, riz et poulet puis, riz au poulet.


Maintenant arrivées à Iquitos, on attend l'arrivée d'un autre cargo qui va nous mener pendant une semaine sur le rio Napo jusqu'à la frontière de l'Equateur. Comme il n'y a que quelques embarcations par mois qui font ce trajet, on peut en avoir pour plusieurs jours... voir semaines à attendre.

Alors maintenant on attend impatiemment notre prochain voyage en cargo et on espère qu'il sera aussi haut en couleurs que celui qu'on vient de terminer!

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Titre : Eduardo IV
Titre : Les 34 mamans
Titre : Chargement du cargo